Les articles spécial cheveux, les journaux et moi

Je n’achète que très rarement la presse féminine, mise à part la presse féminine locale comme le très sympathique « les 69èmes » (même si j’ai toujours de la peine à le trouver en kisoque), et lorsque je le fais, c’est parce qu’un dossier m’aura attiré l’oeil.
En l’occurrence, j’ai acheté il y a peu le dernier Grazia, apâtée par ce dossier « Spécial Cheveux », moi qui vit un drame capillaire quasi-quotidien, et bien plus tragique depuis que j’ai dû laisser pousser ma crinière pendant 7 mois, au cours desquels un certain masque Klorane n’a pas du tout rempli sa fonction.
Pour la petite histoire, la Princesse que je suis est doté d’une crinière brune oscillant entre le frisé et le boulé, le tout étant très épais et bien entendu, très sec. Saupoudrez d’un cuir chevelu sensible, et vous avez le tableau complet de ma botte de foin capillaire (j’y reviendrai sûrement bientôt).

Or donc, j’achète ce fameux Grazia, toute joie à l’idée d’en savoir plus sur ces nouveaux produits miracles qui doivent faire l’actu, et sur ce qui pourrait sauver mes matins d’une grise mine en me voyant dans le miroir (je sais pas comment me coiffffeeeeeeeeer ! (noter que cette interjection intervient souvent après le « je sais pas quoi m’meeeeeeeeeeeeeetre ! »…)). Et ben raté.

Déjà, des propositions de décolo/recolo pour les blondes et les cheveux châtains. Raté.
On passe ensuite sur des idées de coiffures pour : les cheveux courts, les carrés, le long, définitivement raides (va faire une banane, un « Bun estival » ou un « tortillon stylé » avec des cheveux épais, nombreux et frisés.
J’en ai un peu ras la choucroute, que sous prétexte qu »avec des cheveux frisés ou bouclés, t’as toujours l’air coiffé qu’importe ce que tu fasses », on n’aie même pas droit à une petite idée, un mini-sujet.

Un sujet sur « les salons qui buzzent ». A Paris, Paris, Paris, et ô tiens, Strasbourg. A croire que dans les autres grandes villes de France, on est destinées à se faire coiffer par des coiffeurs mis-en-plis dans des locaux aseptisés qui ne ressemblent pas à des lofts ou des appartements. On a compris, on ira se faire coiffer à Paris ou Strasbourg pour être dans le vent.

Enfin, en fin de sujet on tombe sur une sélection de 9 soins miraculeux, dont 3 réparateurs/nourrissants qui pourraient faire du bien à nos crinières de lionnes… Youhou.
Et voilà, on a fait le tour.

Pour le sujet le plus en avant sur la couv’, je suis déçue.
Déçue du point de vue du cheveu frisé, mais surtout parce que j’ai l’impression que des promesses vendues sur la couverture, on n’a rien vu.
Vous allez me dire que je suis bien naïve, les gros titres sont justement là pour faire vendre ! Sauf que moi, j’ai de l’espoir, et j’en ai marre que les cheveux « hors normes », comme tout ce qui est hors normes et dont je fais partie, soit toujours laissés pour compte… J’aimerais que la presse féminine (mais pas que) comprenne que le hors-norme d’il y a 5 ans n’est plus si rare que ça et qu’on n’est pas obligés de stigmatiser : pas de besoin de faire une spéciale « Cheveux frisés », mais juste incorporer des produits et des tendances dans les sujets.

Alors, une petite prise de conscience mesdames les journalistes ?

Publicités